Gregre et Charlie à Oxford -un billet d’humeur

Non, Gregre* n’était pas Charlie cet après-midi. Il est resté au fond de la caisse à jouets. C’est Frogette qui est allée se planter devant le Sheldonian, avec bien deux-cent personnes pour scander “Freedom of speech!” Enfin juste un peu. Le rassemblement n’étant pas vraiment ce qu’elle attendait.
Journaliste, elle avait envie de témoigner de l’importance de la liberté de la presse, de la liberté d’expression.
Citoyenne, elle avait envie de faire savoir qu’une des valeurs de base de l’humanité est le respect de la diversité et qu’il y a une place pour chacun dans ce monde.
Quelques affiches JE SUIS CHARLIE, beaucoup d’étudiants, quelques têtes blanches, des familles avec des enfants portant des dessins, des caricatures JE SUIS CHARLIE… on prend des photos, la communauté francaise est heureuse de se retrouver : “J’avais besoin de venir, c’est dur de ne pas être en France en ces moments là.” “Terrible tous ces morts la semaine dernière à Paris, on est solidaire avec les familles.”… Du terre à terre, de l’émotion, on est touché à vif, règne un sentiment étrange de ne pas pouvoir être à Paris. Alors les Français à l’étranger se mobilisent, aussi outre-Manche : Londres, Liverpool, Cambridge… et Oxford.

Quand la liberté d’expression se mort la queue
Une étudiante prend la parole (le rassemblement a été lancé par la Oxford French Society sous le slogan L’AMOUR PLUS FORT QUE LA HAINE, oui c’est ca aussi un point central de solidarité pour Frogette aujourd’hui), hélas à peine perceptible, pour remercier chacun de sa présence. Et c’est là que Frogette découvre que la liberté d’expression peut aussi se mordre la queue. Parole libre à chacun. On se retrouve donc comme sur une place de marché où chacun parle un p’tit coup, la foule crie pour dire qu’elle n’est pas contente, la foule applaudit pour acquiescer. Un imam parle, condamne les actes terroristes, puis son discours s’éternise, on perd le fil, des personnes s’énervent… et c’est le début de quelques interventions “intellos”, où tous les mots sont coupés en deux, le débat part sur un autre niveau.
Frogette, dans les bras Mini-Fro qui veut aussi se balader, glâne les impressions autour du rassemblement. Beaucoup de Français sont là sur les bords et râlent. “On n’est pas là pour ça, l’idée était d’être solidaire, de dire que la violence n’a pas le droit d’avoir le dernier mot, que la valeur de base de note humanité est la liberté d’expression…” Au fond, les Français avaient plutôt envie de bouger, de marcher, d’être symboles, pas d’intellectualiser la chose ! Zut alors !

Pensez à la pluralité de la presse
45 minutes plus tard on est toujours là. Une longue minute de silence s’est tenue devant le Sheldonian, des crayons, bics et feutres levés vers le ciel. Ah oui, un dernier mot quand même. Elle n’a pas dit grand chose Frogette, enfin comme la plupart, jamais évident de prendre la parole ainsi. “Non, il ne faut pas s’abonner à Charlie Hebdo en signe de solidarité, mais à tous les journaux et magazines. La presse en France (comme quasi partout) se meurt. Qui veut soutenir une diversité et une pluralité d’expressions devrait plutôt s’abonner au journal ou magazine qui reflète ses centres d’intérêt, de l’Humanité, à La Vie en passant par le canard local.”

*Gregre, petite grenouille doudou est le compagnon de route d’Oxfrognews

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One thought on “Gregre et Charlie à Oxford -un billet d’humeur

  1. Je suis bien d’accord avec toi. Moi non plus je n’étais pas venue pour cela, le débat. Trop peu de recueillement, d”hommage. Le silence c’est bien aussi. Vraiment dommage.

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